La filière bois : Une solution pour pallier l’urgence climatique et la précarité énergétique ?

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La filière bois : Une solution pour pallier l’urgence climatique et la précarité énergétique ?
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Face à l’urgence climatique et notre dépendance aux énergies fossiles, d’une part. La précarité énergétique et la pollution de l’air notamment en hiver, d’autre part, il nous faut trouver au plus vite des solutions énergétiques qui répondent aux questions écologiques, sanitaires, économiques et sociales. En même temps.

La dépense chauffage, variable financière incertaine et préoccupante

La part des ménages déclarant que les factures de gaz et d’électricité qui représentent une part importante dans les dépenses de leur foyer a bondi de 55% en 2016 à 65% en 2018 (source ADEME).

Aussi, il n’est pas étonnant d’entendre que deux tiers des ménages français, presque trois quarts dans les communes de moins de 2 000 habitants, déclarent que la consommation énergétique est pour eux, « une préoccupation » (source : Baromètre Energie-Info). Du fait notamment des fluctuations imprévisibles du prix des énergies, souvent à la hausse. Ainsi que des aléas climatiques qui peuvent amener potentiellement des hivers rigoureux et énergivores.

Aussi, durant le dernier hiver, 1 Français sur 3 a restreint sa consommation d’énergie par crainte de factures trop élevées. Avec cette proportion, on est bien au-delà de celle des ménages en situation de précarité. C’est dire comme le coût du chauffage est un indicateur de la confiance des ménages et une variable d’ajustement de leur budget. Allant jusqu’à s’en priver.

Le pouvoir d’achat en énergie des ménages français étant mis à mal, le sujet devenant tendu, comment s’étonner dès lors qu’une énième augmentation du prix du carburant ait mis le feu aux poudres ? Référence faite à l’actualité et à la crise des Gilets jaunes.

La difficulté de se chauffer, indice de précarité

Les ménages précaires qui représentent en 2018, 11,6 % des Français dépensent plus de 8% de leurs revenus pour payer la facture énergétique de leur logement (SEEIDD 2018). Ce qui explique certainement qu’en 2018, 9% des ménages français (20% chez les ouvriers) ont rencontré des difficultés pour payer certaines factures d’électricité ou de gaz.

Malgré les dispositifs et les aides :

  • 157 962 ménages ont bénéficié du Fonds de Solidarité Logement pour l’aide au paiement des factures d’énergie en 2015 (ONPE),
  • 3,6 millions de ménages ont reçu un chèque énergie en 2018 (ONPE),

543 874 ménages ont subi une intervention d’un fournisseur d’énergie : réduction de puissance, suspension de fourniture, résiliation de contrat) suite aux impayés d’énergie (médiateur national de l’énergie / 2017).

Et … 15% des Français déclarent avoir souffert du froid au cours de l’hiver 2017/2018  (ONPE – médiateur national de l’énergie 2018).

Le bois en France, première source d’énergie primaire renouvelable

Le chauffage au bois, c’est tout d‘abord la première source d’énergie renouvelable utilisée en France. Présentant de nombreux avantages :

  • La France est l’un des pays en Europe qui possède cette ressource en abondance. Le taux de prélèvement de bois ne représentant actuellement qu’environ la moitié de l’accroissement naturel de la forêt en France (ADEME)
  • Le bois, utilisé notamment pour la fabrication des granulés dits également pellets, est issu de forêts locales gérées durablement. En produisant ainsi des granulés, la France évite d’importer plus de produits pétroliers.
  • Pouvoir utiliser une énergie locale et renouvelable pour se chauffer c’est aussi se donner les moyens d’une plus grande indépendance énergétique.
  • Les chutes de bois voire de vigne, les sciures et les copeaux de bois sont valorisés et transformés en granulés. Pas de gaspillage, du recyclage.
  • Le chauffage au bois est plus compétitif que l’électricité, le gaz naturel et le fioul ;
  • Il est créateur d’emplois : la filière bois représente 440 000 emplois en France, dont 60 000 dans bois énergie. Emplois très souvent locaux et non délocalisables.

Le bois de chauffage, pas un idéal pour les Français, a priori …

Si on interroge les Français sur le mix énergétique idéal projeté, il serait composé ainsi :

  • 26 % – Énergie solaire
  • 16 % – Électricité
  • 15% – Récupération de chaleur
  • 14% – Géothermie
  • 8% – Bois
  • 5% – Biogaz

Source : IPSOS pour l’association de promotion des réseaux de chaleur Via SEVA

Les Français ne semblent pas considérer le bois énergie ou biomasse solide comme une filière d’avenir. Puisqu’il n’est cité qu’à hauteur de 8% dans le mix énergétique idéal. Lequel s’appuyait sur les critères suivants en fonction de leur importance :

 

Si on exclut le coût qui ne peut pas être mis en cause dans le bois de chauffage, celui-ci étant le moins onéreux, les raisons de ce manque d’engouement se retrouvent dans les autres items. Sentiment d’insécurité lié au feu et aux flammes? Manque de confort lié au stockage du bois ? Un caractère écologique non probant en pensant aux fumées de cheminées polluantes ?

Quel que soit leur idéal, la réalité est tout autre puisque les Français se portent désormais de plus en plus vers ce mode de chauffage.

Le bois énergie, préféré pour raisons économiques

Le mode de chauffage économique est la principale préoccupation des Français. De ce fait, le chauffage au bois connaît ces dernières années une hausse de la demande et une forte dynamique dans les ventes d’appareils à granulés (pellets) qui ont connu en 2017 une progression de 28% l’année précédente.

Le chauffage bois énergie, le moins polluant, mais …

Si on part de l’hypothèse que le carbone émis à la combustion est compensé par du CO2 capté lors de la croissance des plantes, alors le chauffage au bois est peu émetteur de CO2.

Le chauffage au bois (bûches, tablettes, pellets,..) émettrait même moins de CO2 que l’électricité.

Si les chiffres sont, de manière générale, favorables au chauffage au bois (tout bois confondus donc: bûche, plaquettes forestières, pellets) on ne peut faire un déni de la pollution générée en hiver par la combustion de cette biomasse solide, particulièrement dans les environnements urbains. Lesquels ne présentent pas toujours les conditions possibles de dispersion atmosphérique. Ces lieux de concentration statique en particules fines notamment, dépassent souvent les seuils définis par la réglementation européenne. Mais surtout mettent en danger la vie des Français, notamment des plus jeunes. Cette pollution ciblée exige la recherche de solutions urgentes de réduction de cette pollution et de sa dispersion.

Renouveler le parc des équipements est la piste la plus évidente. Car les nouveaux équipements permettent de réduire considérablement la pollution générée. Tant au niveau du foyer de combustion que de l’évacuation des fumées.

Un label existe, appelé la “Flamme verte”, lancé en 2000 par les fabricants d’appareils domestiques. Il labellise les appareils de chauffage au bois à foyers fermés poêles à bois et à granulés de bois. Ainsi que la qualité de leur installation.

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) préconise de développement de l’Énergie Bois dans le cadre de cette charte de qualité.

L’énergie bois, vers un label “production régionale”?

Le chauffage est donc un indicateur du “pouvoir d’achat énergétique” des ménages français et de leur potentielle précarité. Une variable d’ajustement car représentant pour deux tiers des ménages une part trop importante de leur budget familial. Les plongeant dans l’insécurité, quand ce n’est, de manière non marginale, dans de sérieuses difficultés financières.

Le bois est la première source d’énergie renouvelable primaire en France. Il est disponible et abondant. Cette filière génère un dynamisme économique et la création de nombreux emplois non délocalisables. Et rend la France moins dépendante des énergies fossiles qui plombent de surcroît, notre balance commerciale extérieure.

En tenant compte de son prix d’achat des plus bas et du tiers des Français “préoccupés” par une facture énergétique qui risquerait d’être salée pour x raisons.

Ainsi que des aides de l’Etat et des collectivités pour inciter à renouveler les équipements.

Il est fort probable que l’énergie Bois continue son développement. Les granulés de bois, dit communément pellets, étant devenus en vogue.

C’est donc un mode de chauffage efficace, moins coûteux et réputé écologique. Car moins polluant comparé aux autres. D’où la préconisation de l’ADEME de favoriser son développement. Puisque la réduction des émissions à effet de serre de critères remplissent bien les exigences du protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris.

Néanmoins sa combustion reste un problème de santé publique en hiver. Notamment dans les environnements urbains qui concentrent les microparticules dans des espaces confinés qui ne les dispersent pas. Cette pollution concentrée et statique, fait des dégâts sanitaires, en particulier chez les plus fragiles.

Pour cela, il nous faut garantir la qualité à tous niveaux. Le renouvellement des équipements est essentiel et un label existe, la Flamme verte, pour garantir la qualité du matériel et de leur pose.

La qualité du bois et des pellets est primordiale également. Pour ne pas risquer de retrouver sur le marché, des produits de qualité moindre, moins chers malgré le transport et ne tenant pas compte des critères sanitaires et de qualité de l’air.

En tant que professionnels, nous versons au débat notre proposition. La création d’un label qualité pour le bois (tablettes, bûches,etc) et les granulés (pellets) garant de la qualité de leur composition et leur fabrication. Mais faisant état également de leur provenance.

Un label de qualité. De traçabilité. Et de circuit court.

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